Voisinages et communs

Comment réduire la taille des urbanités pour arriver à une dimension gérable par la démocratie?
La démocratie avec des entités énormes comme celle d'une ville ce n'est pas possible. Comment aller vers des dimensions humaines ? Voici un "petit" livre qui nous propose des voies possibles.

Site de l'éditeur et du livre : http://www.lyber-eclat.net/livres/voisinages-et-communs/

 

Autres Sites :

Redémarrer la Suisse http://neustartschweiz.ch/

Et un texte de ce site en français :https://redemarrer.ch/files/publikationen/Neustart-

En pdf sur unprolospecule Neustart-Schweiz_voisinages.pdf

Une courte présentation https://www.youtube.com/watch?v=zaOsIfEXPEI

Un lien sur ce sujet https://alternativesurbaines.ch/2013/un-concept-de-voisinage-pour-reorganiser-la-suisse/

Un article du Monde des livres http://www.lemonde.fr/livres/article/2016/07/07/sauver-la-planete-en-pantoufles_4965265_3260.html

Des expériences dans ce sens : http://www.voisinage2300.ch/

4ème de couverture :


Ce petit livre a deux objectifs : d’une part, il s’agit d’établir une certaine entente ou cohésion concernant les notions majeures qui ont cours dans l’actuelle discussion sur les alternatives à la société de croissance – subsistance, résilience, coopération, transition, communs etc. – en présentant la diversité des différentes approches. D’autre part et en guise de synthèse de ces approches, nous faisons une proposition concrète, tournée vers l’action, à savoir la notion de voisinage en tant que module le plus petit d’une économie et d’un mode de vie fondés sur les Communs.
Établir une certaine entente ou cohésion concernant les notions majeures qui ont cours dans l’actuelle discussion sur les alternatives à la société de croissance – subsistance, résilience, coopération, transition, communs etc. – en présentant la diversité des différentes approches
Notion de voisinage en tant que module le plus petit d’une économie et d’un mode de vie fondés sur les Communs.

Notes de lecture :


Impression générale : Une définition des communs, une utilisation de l’altruisme, trouver une communauté humaine aux dimensions viables et stables, et de fait démocratique.

Le but de son essai est la recherche d’une organisation permettant une préservation de la biosphère et qui passe par une refonte des liens humains.
Il s’agit de "voisinages" en partie autonomes d'environ 500 habitants.
Pour un impact écologique positif il faudrait qu’il y ait environ 65% de la population vivant dans ces quartiers. Des services collectifs (alimentation, entretien …) et des appartements de toutes dimensions permettront à tous les âges de vivre ensemble.
Pour P.M. ces voisinages doivent rechercher l’autonomie en source agricole et en énergie.
Pas mal de propositions et détails dans son ouvrage.
C’est apporter le village dans la ville et sans la proximité étouffante de la communauté villageoise par notre acceptation plus ouverte de l’autre et par la laïcité d'aujourd'hui.
Juridiquement c’est immédiatement réalisable par le principe de la coopérative.
Pas besoin de refonte de la législation.

Ce que j'avais trouvé sur un lien disparu :

Le nombre idéal d’habitants : 500 personnes
" ... l’unité l’approvisionnement de base idéale, tant à la campagne (village) qu’en ville (quartier), est une agglomération d’habitats plutôt compacte d’environ 500 personnes. Du point de vue écologique, cette dimension est parfaitement adaptée pour, notamment, réaliser à bon compte et avec peu de travail des bâtiments Minergie, des infrastructures (blanchisserie, cuisine, biogaz), des services sociaux, etc.
Du point de vue écologique, les bâtiments idéaux dans un cadre urbain seraient modérément élevés et compacts (six à huit étages sur 20000 m2) et permettraient d’accueillir 500 personnes : c’est là le rapport idéal entre enveloppe et volume, et la connexion à toute infrastructure de transport devient optimale. Vouloir réaliser cet optimum théorique sur l’ensemble du territoire n’est pas réalisable (cela prendrait plus d’un siècle), et encore moins souhaitable : il n’en résulterait qu’une monotonie mortelle. Il est bien plus réaliste de réorganiser nos voisinages actuels en transformant les bâtiments ou en construisant de façon à ce que les voisinages puissent véritablement mettre en avant toute leur particularité. La disposition à vivre ensemble devient importante, les personnes habitent alors à «un endroit» et ne doivent donc se déplacer que quelques minutes à pied pour se rencontrer. Si toutes les fonctions importantes sont regroupées localement, les résidents se rencontrent automatiquement. On crée ainsi sans effort une communication quotidienne informelle (microcentre) qui contribue à résoudre de façon non bureaucratique toute une série de problèmes dès leur apparition. Forcer un petit nombre de personnes à se réunir pour former une «patrie», c’est s’assurer qu’ils s’agacent bientôt les uns les autres et que les ressources humaines, en termes d’éducation, de classes d’âge et de temps disponible, ne seront pas assez conséquentes pour créer une infrastructure diversifiée. Des unités plus grandes, par contre, se désagrègent vite et exigent des institutions spéciales – comités, réunions – pour cimenter artificiellement leur cohésion. Dans les quartiers de taille moyenne, bien des choses se résolvent de manière élégante.
Ce nouveau «sentiment d’appartenance», qui n’a rien à voir avec celui vécu dans les anciens villages ou les quartiers oppressants, est particulièrement important pour un mode de vie influencé par Internet, par la mobilité internationale et par des contacts virtuels de toute nature. Sans ancrage social, nous risquons de nous perdre dans ces réseaux, et de nous isoler. C’est précisément parce que nous pouvons toujours être ailleurs et avec d’autres, que revenir à la «maison», en contact avec des voisins non virtuels, parfois un peu revêches, devient passionnant. Un des prophètes de notre bel avenir virtuel, David Gelernter, de l’Université de Yale, dit d’ailleurs : «Les immeubles de bureaux institutionnels qui dominent aujourd’hui notre paysage vont disparaître. Les boutiques et les magasins sont déjà en train de devenir superflus. [...] Cependant, au final, nos flux d’information mondiaux rendront aux voisinages l’importance qu’ils avaient au XIXe siècle. Les gens auront besoin de maisons et de lieux de réunion pratiques et proches...»

Diversité et comparabilité
Les voisinages ne sont pas des lotissements standardisés, mais ils sont formés sur la base des voisinages actuels selon les conditions de propriété actuelles. Ils sont transformés de sorte que les habitants puissent combler leurs besoins et réaliser leurs désirs et envies, tant individuellement que collectivement. Le mode de vie unitaire, prévalant actuellement, se mue en une mosaïque de voisinages «singuliers». La diversité est notre nouvelle richesse. Peut-être que ces voisinages seront marqués par des traditions locales, des caractéristiques culturelles, des loisirs communs (jazz, mode rétro, théâtre nô), des spécialités (charcuterie, sirop de sureau, raviolis), des concepts d’habitat (cellules monastiques, grandes communautés d’habitats, habitations sans meubles), des échanges internationaux (Siena-Nord, Tribeca-East, Rio II), des couleurs (ocre, blanc, rouge), des formes (ogives, losanges), etc. Impossible de savoir à l’avance. Dans chaque voisinage, le mélange entre vie communautaire et sphère privée peut être déterminé de manière indépendante. Chacun a donc enfin la possibilité de trouver le voisinage qui lui convient, car évidemment, les déménagements sont toujours possibles. En fin de compte, les voisinages ont tous un «mandat de prestations de base» semblable : assurer au quotidien la vie de leurs habitants.
Les nouveaux voisinages comblent le vide créé par la dissolution des communautés solidaires traditionnelles, telles que la famille, les clans, les tribus ou les villages. Contrairement à ces derniers, les voisinages sont cependant des associations auxquelles on adhère librement, avec lesquels les membres concluent des contrats à durée déterminée. Les voisinages ne sont donc pas des communautés indissolublement soudées au sein desquelles tout doit être fait collectivement. Au contraire, le strict respect de la sphère privée est d’une extrême importance pour que les énergies nécessaires aux activités communautaires puissent se renouveler.
Les voisinages sont les institutions idéales pour survivre, sans rechuter dans la pauvreté, aux tempêtes de l’économie mondiale, constamment menacée par l’éclatement des bulles financières et les crises diverses. Les voisinages forment un module mondialement compatible qui peut être ajusté aux conditions locales, de la Bolivie à New York. Le nombre de 500 habitants est donné à titre indicatif, selon les conditions, ce nombre peut tout aussi bien se monter à 200 ou à 2000. Dans des situations d’isolement géographique, comme sur une île ou dans une vallée reculée, les voisinages devront éventuellement assumer certaines tâches pour lesquelles la commune ou la nation serait normalement compétente. L’essentiel étant que les fonctions de base soient adéquates et donc aient la capacité d’entretenir des relations d’égal à égal.
Les voisinages ne constituent pas le mode de vie idéal pour chacun. Les habitats isolés, les hameaux et les fermes, les maisons indépendantes et les autres groupes ou communautés y seront plus à même de survivre qu’aujourd’hui. Il est décisif que les voisinages globaux deviennent le module social prépondérant, et non pas les ménages individuels, comme c’est le cas actuellement. Même si la moitié ou les deux tiers des gens s’organisent de cette manière, nous pourrons amorcer une transformation efficace."
Thèmes abordés :
   Qu’est-ce que le mode de vie à 1000 watts ?
  Moins de tâches ménagères pour tous
   Un microcentre polyvalent tous les deux cents mètres
   Septante milliards pour de nombreux voisinages multicolores
   Microagriculture : Partenariats entre exploitations agricoles et Voisinages

Page 11-12 : Des réflexions inspirées de « perspective de la subsistance ». Maria Mies « considère le capitalisme comme la dernière chrysalide d’un désastre millénaire. » Pour un nouveau rapport à l’alimentation et à l’agriculture. http://www.robin-woodard.eu/spip.php?article431« maîtriser l’existence » « vivre de ses propres ressources ».

En pdf sur unprolospecule La perspective de subsistancede Maria Mies

13 Pour Naomi Klein « le capitalisme et la survie de la biosphère s’excluent mutuellement ».

http://www.actes-sud.fr/naomi-klein-tout-peut-changer

En pdf sur unprolospecule Naomi Klein : « Tout peut changer »

13 Pour Robert Kurtz « le véritable moteur de croissance réside dans la logique de rentabilisation du capital lui-même … il supprime le travail exploitable et est donc obligé de chercher sans cesse de nouvelles populations exploitables ; aujourd’hui, avec la globalisation, il atteint son acmé. » 

https://lectures.revues.org/7102

En pdf sur unprolospecule Vies et mort du capitalisme. Chroniques de la crise

14 Les communs représentent un contre-projet au marché et à l’état actuel.


16 David Graeber a montré que les êtres humains coopèrent spontanément lorsque les conditions sont favorables et que la théorie de l’être humain comme animal qui fait du commerce ou de l’homo œconomicus est une histoire inventée de toutes pièces précisément par des économistes . »


16 « … les animaux connaissent déjà l’empathie et la coopération et que nous aurions intérêt à écouter d’avantage « le singe qui est en nous ». »


18 « La vie peut devenir plus riche, plus sûre, plus libre, plus autodéterminée et plus belle, sans que nous détruisions pour autant la planète et nous-mêmes. »


23 « … une crise généralisée dont voici les principaux aspects :


23 Système économique : « La stratégie … sous le nom « globalisation », qui consistait à exporter les coûts externes – et donc les problèmes – dans l’hémisphère sud, ne fonctionne plus. »


23 « …PIB planétaire est de 77 300 milliards de dollars, la dette globale est de 200 000 milliards … La stratégie des marchés doit prendre fin. »


24 Ressources : « Le système du marché n’est pas en mesure de répartir les ressources de manière durable. »


25 Climat : … la décarbonisation n’est pas performante … une diminution de la consommation … est indispensable. »


26 Inégalité : « Avec la raréfaction de ressources, la lutte pour la répartition s’intensifie … » « En Afrique, on assiste … a une gigantesque appropriation des terres … bonne dose de corruption … violant le droit coutumier … une nouvelle conquête de l’ouest se prépare au niveau planétaire… »


28 « … tout doit devenir brevetable. L’économie de marché n’est pas capable, et n’a aucune intention, de se restreindre elle-même. »


28 « Ce qui nous menace, c’est une méga crise … cet écroulement ne pourra plus être évité et notre tâche ne consistera donc qu’à prévoir et à préparer un atterrissage en douceur. »


29 « Si une système est trop stable ou trop robuste, il devient paresseux et perd sa capacité à faire face aux turbulences. Une petite dose de désordre est toujours une bonne chose. »

« La prétendue destruction créatrice de Schumpeter a atteint des dimensions planétaires … [et pas] de seconde planète. »

« … nous devrions partir de l’idée qu’il y a assez de tout, mais que ce tout doit être mieux réparti en fonctions des besoins. »


30 « Le mot magique pour parvenir à une stabilité à long terme est la résilience ou forme de résistance ». Elle est une qualité aux systèmes et assure qu’après les crises ceux-ci se rétabliront et sont ainsi aptes à résister aux crises. Voici quelques principes pour des structures sociales résilientes :
Transparence : pas de réunion secrète, de lutte de pouvoir
Communication ; Coopération ; Démocratie ; … ; Décentralisation ; Relocalisation ; … ; Dimensions appropriées ; Engagement échelonné …

36 Les communs et les institutions
« La coopération et le partage sont des procédés séculaires et les êtres humains les appliquent si on ne les en empêche pas. de toute évidence, ce sont également des procédés nés de situations de détresse et de pénurie. Sans cela, des individus isolés n’auraient jamais pu survivre dans les alpes valaisannes, par exemple. david Graeber parle d’un « micro-communisme » spontané sur lequel s’appuie le fonctionnement de toute entreprise, même capitaliste. »
Le terme « Communs » « englobe pratiquement tout : la terre, l’alimentation, le logement, les soins médicaux, mais également des biens immatériels, tels que la connaissance, la culture, le savoir-faire. La préférence va au terme de Communs, puisque les termes tels que « biens communs », ou « biens communaux » etc. ont une connotation trop matérielle qui semble exclure les biens et services immatériels. »


37 « le terme de « communaux » a une connotation nostalgique, qui semble se rapporter uniquement au monde rural … enfin, les Communs intègrent désormais également la « seconde nature » que nous avons construite au cours de 250 ans d’industrialisation : chemins de fer, usines, hôpitaux, universités, canaux, centrales électriques, services publics. »
« … il est logique que les artistes et les écrivains insistent sur la question des droits d’auteur tant qu’ils ne peuvent pas assurer leur entretien par des Communs. »
« Le terme « Communs » n’est pas seulement à la mode parmi ceux qui cherchent des alternatives à l’économie de marché. « depuis au moins le début des années 90, le langage des Communs a été utilisé par la Banque mondiale et les Nations unies, et mis au service de la privatisation. Sous prétexte de protéger la biodiversité et de préserver des “communs globaux”, la Banque a transformé la forêt tropicale en réserve écologique, et a expulsé les populations qui depuis des siècles en tiraient leur subsistance, pour la mettre à la disposition d’une population qui n’en avait pas besoin mais qui pouvait payer pour en jouir à travers, par exemple, le phénomène de l’écotourisme »


42 « Le partage n’est possible que s’il existe des communautés stables capables de l’organiser de manière juste et à long terme (cf. démocratie, appartenance). Ce dont nous avons besoin, c’est de communautés du partage qui fonctionnent et non pas des pseudo-systèmes d’échange alternatifs. Partager sans communauté – comme le propose l’Internet sous de nombreuses formes – ne conduit pas à des usages égalitaires des biens communs et à un soutien mutuel, mais privilégie ceux qui ont quelque chose à partager, et en dernière analyse, ne fait qu’instaurer une nouvelle forme de commerce. »


52 « On sait que la propriété publique ou collective (à savoir la gestion de tels « biens ») a dégénéré jusqu’à un niveau de négligence inimaginable, bien que les autorités publiques étaient supposées en prendre soin. de ce point de vue, ni les propriétaires privés (enron, Lehman Brothers, Gm) ni les propriétaires anonymes étatiques (infrastructures publiques décadentes, urSS) n’ont fait preuve de responsabilité dans leurs différentes gestions. À cet égard, les coopératives de diverses tailles constituent un bon compromis (voir règle 8) : la responsabilité n’est pas du ressort de l’État, mais elle est tout de même collective et orientée vers le non-profit.
La personne concernée est connue de tous (règle 1). Les biens gérés sont « proches » et immédiatement disponibles. Si l’on assure une gestion institutionnelle transparente de la propriété publique notamment par des autorités locales (municipalités, etc.) et si l’on respecte le principe de la subsidiarité (décentralisation), une gestion diligente des Communs peut réussir. Vous pouvez dire tout ce que vous voulez des coopératives des alpes suisses qui existent depuis près de 700 ans, les montagnes sont toujours là et les fromages sont délicieux ! »

174 « Si cette minorité riche et puissante n’est pas capable de présenter un programme de paix concret au reste du monde, les guerres vont se poursuivre et empirer … »
« …les partis politiques, les syndicats et les groupes d’intérêts particuliers en tous genres semblent fermement établis dans la gestion défensive des pertes et sont paralysés par les contradictions du système qu’ils veulent sauver (travail contre décroissance, pouvoir d’achat contre écologie), nous allons avoir besoin du soutien d’initiatives citoyennes de toutes sortes, qu’elles existent déjà ou qu’elles soient à créer. moins elles seront sectaires, mieux ce sera de telles associations non partisanes peuvent travailler avec les universités, les ONG, les autorités publiques et les syndicats, d’autant mieux qu’elles auront un programme bien défini. de là on avancera partout où on le pourra. »